R enversement de l’échelle des valeurs. Mieux encore, ou pire ! Vous êtes pétris de préjugés. Le monde vous a faits à son image. La rue, le journal, le livre, le cinéma, vous ont donné une seconde nature. Et bien, il faut tuer le vieil homme et naître une troisième fois ! Vous êtes malaxés par une mystique, un Parti, une idéologie. Il faut vous en arracher, les dominer, et, s’ils ont quelques raisons d’être, les pénétrer de votre idéal nouveau, de votre être renouvelé. Voilà la dépense : tuer le vieil homme et renaître en nouveauté de vie ! I l faut que vous entendiez le bruit de votre vieille maison qui s’écroule ; le fracas de vos idoles qui se brisent. Cela s’appelle la repentance. C’est le prix le plus élevé qui existe, car il suppose qu’on a renoncé à tout. Posséderait-on la Terre entière, il faut y renoncer. Et même mettre en deuxième ligne, s’il le faut, l’affection de nos êtres les plus chers. Asseyez-vous et calculez. Il ne s’agit pas d’un léger sacrifice et encore moins d’un culte superficiel. Il s’agit d’un champ de bataille, d’un mort : notre Moi égoïste, et d’une naissance : notre être social. Ê tes-vous prêts à payer ? Ah ! n’hésitez pas ; prenez l’Evangile qui est l’arithmétique des chiffres infinis, prenez l’architecte des tours qui montent jusqu’au Ciel. Dieu ne fera rien sans votre geste d’immolation, mais ce qu’il fera ensuite pour vous dépassera tout ce que vous auriez pu concevoir. L orsque les hommes, ayant calculé pendant des millénaires, sur la foi de mauvais professeurs et sur des manuels trompeurs, s’apercevront qu’ils n’ont abouti qu’à des divisions sanglantes et à des multiplications de ruines, ils se tourneront enfin – oui ! c’est sûr ! – vers Celui qui calcule bien, qui est le chemin et qui a toujours raison. Méditation tirée de l’ouvrage « Au jour le jour », Paris, 1957.
Luc 14. 25-33, Segond 21 25 De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna et leur dit: 26 «Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple 27 Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas ne peut pas être mon disciple. 28 En effet, si l'un de vous veut construire une tour, il s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer. 29 Autrement, si après avoir posé les fondations il ne peut pas la terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de lui 30 en disant: 'Cet homme a commencé à construire, et il n'a pas pu finir.' 31 De même, si un roi part en guerre contre un autre roi, il s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec 10'000 hommes, affronter celui qui vient l'attaquer avec 20'000. 32 Si ce n'est pas le cas, alors que l'autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. 33 Ainsi donc aucun de vous, à moins de renoncer à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple. 34 »Le sel est une bonne chose, mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? 35 Il n'est bon ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.»
Théodore Gounelle Calculer la dépense V oyant les foules venir à lui, Jésus leur dit : « Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » Voilà donc ce candidat au gouvernement du monde qui, loin d’inonder de promesses le peuple qui l’écoute, lui demande d’abord de porter sa croix et, s’il le faut, de haïr père, mère et enfants. Pourtant il leur a dit aussi, en d’autres circonstances, qu’il apportait une bonne nouvelle et qu’un beau Royaume s’était approché d’eux. Mais la condition préalable est un chemin étroit, très étroit. I l offre le Royaume et il en demande le prix ! Contradiction ? Non ! Le prix est grand, mais pas hors de notre portée, et le Royaume mille fois plus grand. Mais le Christ insiste sur l’importance de notre note à payer. Le suivre vers le salut, n’est pas une petite chose : calculez la dépense ! Q uel est l’homme qui, voulant bâtir une tour, ne calcule d’abord la dépense ? Vous voulez une Cité de Justice ? Asseyez-vous d’abord et calculez ! La vraie religion demande de grands sacrifices. Vous croyez vous en tirer par quelques gestes rituels, quelques balbutiements liturgiques, quelques récitations de credo, quelques aumônes. Erreur ! Il vous faut transformer toutes vos pensées, vos sentiments, votre manière de vivre. Le Maître que vous avez à suivre entend changer vos méthodes et vos passions. Il a pris le contrepied de tout. Œil pour œil ? Non – Faites du bien ceux qui vous persécutent ! Contrainte ? Non – Persuasion Argent ? Heureux les pauvres ! Glaive ? Rentre ton épée, heureux les pacifiques ! Honneurs ? Humiliation ! Bien-être ? Souffrances ! Trône ? Croix !
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