L es chaudières bouillantes se sont succédé à travers les siècles, séparées par quelques répits, signes incompris de la patience de Dieu. Mais l’amandier a toujours fleuri. A certaines heures on a pu croire, d’excellents chrétiens ont cru, que c’était bien l’abomination de la désolation, que la coupe débordait, que c’était le jugement dernier. Mais toujours le nuage s’est dissipé, laissant apparaître l’amandier en fleurs. C’est que Dieu attend. Il n’attend pas seulement 70 ans. Il attend 70 fois 70 ans. Il attendra jusqu’à ce que l’appel de Jérémie : revenez ! et que l’appel du Christ : convertissez-vous ! ait été entendu. L a chaudière se refroidira. Les infidélités, l’égoïsme, les cruautés cesseront. Et l’amandier ne cessera pas de fleurir. D e ce magnifique enseignement du prophète nous retenons : 1)que les infidélités des hommes seront vaincues par la fidélité de Dieu ; 2)que les chaudières les plus bouillonnantes s’apaiseront devant la splendeur persistante d’une fleur ; 3)que Dieu attend que l’homme se convertisse ; 4)que l’attente de Dieu n’est pas inactive puisqu’il nous envoie des prophètes et nous a donné le Christ ; 5)et qu’un jour viendra où l’homme, tous les hommes, s’étant tournés vers la vraie Justice, apercevront enfin un gigantesque amandier en fleurs couvrant toute la Terre, faisant oublier à jamais les chaudières bouillantes. Méditation tirée de l’ouvrage « Au jour le jour », Paris, 1957.
Théodore Gounelle Amandier contre chaudière L a plus formidable invasion pointait à l’horizon. C’était au VIème siècle avant Jésus-Christ. Nébuchadnetsar, l’empereur de Babylone, s’avançait. Jérémie était le seul à ne se faire aucune allusion. Certains disaient : le désert est long, l’armée ennemie s’y fatiguera. D’autres pensaient : nous sommes le peuple élu, nous avons le Temple, Dieu fera un miracle. Mais Jérémie parcourait les rues en prédisant la ruine : vous avez été infidèles, dépravés, cruels ; vous avez entassé de l’or. Si vous aviez pratiqué la Justice vous ne seriez pas enviés et vous seriez invincibles. Maintenant, il faut payer. Et le grand Roi des Chaldéens vint faire la collecte des métaux non ferreux, et il creva les yeux de Sédécias, et il emporta dans son pays tout ce qu’il y avait de valide en Israël. La chaudière avait été bouillante. Mais Jérémie avait vu un amandier, avant même d’avoir vu la chaudière. L’amandier (en hébreu le veilleur) par ses fleurs de février annonce le printemps. Il est le veilleur, la sentinelle qui annonce le matin. A u plus fort de l’invasion barbare, quand le sang gicla dans tout Jérusalem sous les pas des vainqueurs, le prophète vi encore son amandier, il acheta un champ pour montrer qu’il comptait y cultiver ses fleurs et ses fruits. Et tandis que l’occupant dévore les richesses du pays, lui, Jérémie, qui a présenté Babylone comme étant le bas de la Justice de Dieu pour punir Israël, déclare : Babylone aura son tour ! Encore 70 ans et la Chaldée connaîtra l’invasion des Perses. Et voici Cyrus, bras de Dieu pour consoler et rétablir Israël. O n dit que l’Histoire était un éternel recommencement. Notre génération sait ce que c’est qu’une chaudière bouillante. Par deux fois elle y a été plongée (les deux Guerres Mondiales). Elle devrait apprendre, ce qu’elle n’a encore jamais bien su, malgré Jérémie et Jésus-Christ, qu’il y a un amandier qui veille.
à lire aussi Jérémie 1 : 11-13 - Que vois-tu Jérémie ? dit l’Eternel. - Je vois une branche d’amandier. - Tu as bien vu, car je veille sur ma parole pour l’exécuter. Une seconde fois : - Que vois-tu ? Je vois une chaudière bouillante, du côté du septentrion
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